st antoine

 

 

 L’église de Cernay est incontestablement l’une des merveilles de l’art sacré du haut-Doubs.

 

Par Jean-Michel BLANCHOT

 

Elle fait partie de ces églises vicariales qui naissent de la réorganisation de la paroisse de Maîche au XVIème siècle afin permettre aux communautés qui se développent dans le secteur d’avoir leur propre lieu de culte. Les origines de l’église de Cernay sont incertaines. Certaines sources hasardeuses évoquent des dates de fondation pour le moins fantaisistes. Sans doute, existait-il une chapelle primitive avant 1480 qui aurait été détruite lors de l’invasion de la Franche-Montagne par les troupes de l’évêque de Bâle en 1475, épisode connue sous le nom de la Petite Suisse. Ainsi, un nouvel édifice aurait été reconstruit au XVIème siècle. Devenue église vicariale, dépendante de l’église mère de Maîche, l’édifice est remanié en profondeur en 1671. Plus tard y sera ajoutée une sacristie. Un clocher est reconstruit en 1764 lors de la grande campagne d’embellissement des églises au XVIIIème siècle en Comté. Ces différentes étapes se lisent dans l’architecture et l’agencement de l’édifice qui, vu de l’extérieur, donne l’impression d’un édifice que l’on pourrait qualifier de « gigogne » : à la nef et au chœur du XVIème-XVIIème siècle s’ajoutent un clocher du XVIIIème siècle puis une sacristie du XIXème siècle, le tout donnant l’image d’un emboitement.


Surtout, cette église a la particularité de présenter une belle continuité du décor du XVIème au XIXème siècle. Chaque époque y a laissé sa marque de la statuaire exceptionnelle du XVIème siècle, un ensemble d’une grande rareté dans la région, à la chaire du XIXème siècle, en passant par un décor baroque impressionnant du XVIIIème siècle. On peut lire aussi la révolution dans l’aménagement intérieur du décor dans les années 1720 avec un réaménagement liturgique complet de l’église Saint Antoine. L’ancien décor du XVIème siècle, avec le magnifique retable de pierre, est alors déplacé au profit d’un nouveau décor baroque sous la forme de ces magnifiques autels à la si riche polychromie.


Autant d’éléments qui font de cette église une merveille à (re)découvrir. Aussi, nous attacherons nous dans les prochains numéros de ce bulletin à en décrire les différents chefs d’œuvre.